Conseils pour arrêter de fumer
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Arrêter de fumer est l’une des plus belles décisions que l’on puisse prendre pour sa santé. Pourtant, cette démarche soulève souvent de nombreuses questions : pourquoi est-ce si difficile ? Comment gérer les envies ? L’hypnose fonctionne-t-elle vraiment ? Comment éviter une rechute ?
À travers cette page, je partage des conseils, des explications et des informations issus de mon expérience auprès de nombreux fumeurs et vapoteurs que j’ai accompagnés vers une vie sans tabac.
Cette bibliothèque de conseils s’enrichira progressivement afin de vous aider à mieux comprendre le tabagisme et à mettre toutes les chances de votre côté pour réussir votre arrêt.
Pourquoi est-il si difficile d’arrêter de fumer ?
Si vous avez déjà essayé d’arrêter de fumer, vous connaissez peut-être cette impression décourageante : malgré une réelle motivation, malgré une forte volonté, quelque chose semble toujours vous ramener vers la cigarette.
Certaines personnes me disent :
« Je sais que je dois arrêter, j’en ai vraiment envie… mais c’est plus fort que moi. »
Cette situation est beaucoup plus fréquente qu’on ne l’imagine. Et contrairement à ce que l’on entend parfois, elle n’est généralement pas due à un manque de volonté.
Une dépendance qui dépasse la nicotine
La nicotine crée bien une dépendance physique. C’est un fait.
Mais ce que beaucoup de fumeurs découvrent au moment d’arrêter, c’est que cette dépendance physique disparaît relativement rapidement. Après quelques jours, puis quelques semaines, l’organisme retrouve progressivement son équilibre.
Pourtant, de nombreuses personnes continuent à ressentir une envie de fumer plusieurs mois, voire plusieurs années après leur dernière cigarette.
Pourquoi ?
Parce qu’au fil du temps, le tabac est devenu bien davantage qu’un simple apport de nicotine.
Le cerveau apprend… sans que vous en ayez conscience
Pendant des années, votre cerveau a créé des associations automatiques.
Un café ? Une cigarette.
Le téléphone ? Une cigarette.
La voiture ? Une cigarette.
Une pause ? Une cigarette.
Une contrariété ? Une cigarette.
Une bonne nouvelle ? Une cigarette.
À force de répétitions, ces automatismes deviennent extrêmement puissants. Ils fonctionnent presque comme des réflexes.
Vous n’avez plus besoin de réfléchir : le cerveau propose spontanément la cigarette dès qu’il reconnaît une situation familière.
Deux chemins dans le cerveau
J’aime utiliser une image très simple.
Imaginez qu’au fil des années, chaque cigarette ait tracé un petit sentier dans votre cerveau.
Au début, ce n’était qu’un chemin discret.
Puis, cigarette après cigarette, ce chemin est devenu de plus en plus large, de plus en plus facile à emprunter.
Aujourd’hui, il ressemble à une route parfaitement aménagée.
À côté, le chemin de la liberté existe lui aussi… mais il est parfois recouvert par la végétation, simplement parce qu’il a été beaucoup moins utilisé.
Lorsque vous décidez d’arrêter de fumer, votre cerveau continue naturellement à vous proposer la route qu’il connaît le mieux.
Ce n’est pas un manque de volonté.
C’est simplement le fonctionnement normal d’un cerveau qui a appris pendant de nombreuses années.
Pourquoi certaines situations sont-elles plus difficiles ?
Vous avez peut-être remarqué que certaines envies apparaissent presque toujours dans les mêmes circonstances :
- en buvant un café ;
- lors d’un apéritif entre amis ;
- pendant une période de stress ;
- après un repas ;
- au téléphone ;
- en voiture ;
- ou simplement lorsque vous vous accordez un moment de détente.
Ces situations ne provoquent pas réellement le besoin de nicotine.
Elles réactivent surtout des habitudes profondément ancrées.
C’est précisément pour cette raison que certaines personnes ont l’impression que leur volonté disparaît soudainement.
En réalité, elles se retrouvent face à un automatisme qui s’est construit pendant parfois plusieurs dizaines d’années.
Comprendre est déjà une première victoire
Lorsque l’on comprend que ces envies sont essentiellement le résultat d’apprentissages anciens, on cesse souvent de se juger.
On comprend que l’on n’est ni faible, ni incapable.
On comprend surtout qu’un automatisme appris peut également être remplacé par un nouveau fonctionnement.
C’est une excellente nouvelle.
Car ce que le cerveau a appris… il peut aussi apprendre à le modifier.
Et l’hypnose dans tout cela ?
L’hypnose n’agit pas comme une baguette magique.
Elle ne retire pas instantanément tous les souvenirs liés au tabac.
En revanche, elle peut aider à diminuer l’importance de ces anciens automatismes et à renforcer progressivement le nouveau chemin : celui de la liberté.
C’est ce qui explique que beaucoup de personnes vivent l’arrêt du tabac de manière beaucoup plus sereine qu’elles ne l’avaient imaginé.
Pourquoi la volonté seule ne suffit-elle que rarement pour arrêter de fumer ?
Vous avez décidé d’arrêter de fumer.
Cette fois, vous êtes certain de votre décision. Vous connaissez les conséquences du tabac, vous savez pourquoi vous voulez arrêter et, au fond de vous, vous n’avez plus vraiment envie de continuer.
Et pourtant…
Quelques heures ou quelques jours plus tard, une cigarette se retrouve parfois entre vos doigts.
Comment est-ce possible ?
Est-ce un manque de volonté ? Une motivation insuffisante ? Faut-il simplement « être plus fort » ?
Pas nécessairement.
La volonté est évidemment importante pour arrêter de fumer. C’est elle qui permet de prendre la décision et de donner une direction au changement. Mais, à elle seule, elle doit faire face à une dépendance et à des automatismes parfois installés depuis de nombreuses années.
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.
Décider n’efface pas immédiatement une habitude
Imaginez une personne qui fume depuis vingt ou trente ans.
Pendant toutes ces années, elle a répété des milliers de fois certains gestes dans les mêmes circonstances :
le café et la cigarette ;
la fin du repas et la cigarette ;
la pause au travail et la cigarette ;
une contrariété et la cigarette ;
un verre entre amis et la cigarette.
À force de répétition, ces situations peuvent devenir tellement familières que la cigarette n’est même plus précédée d’une véritable décision.
Elle arrive presque automatiquement.
La personne peut donc avoir pris, en toute sincérité, la décision de ne plus fumer et néanmoins ressentir soudain une envie lorsqu’elle retrouve l’une de ces situations habituelles.
Ce n’est pas nécessairement sa décision qui a changé.
C’est simplement un ancien automatisme qui vient de se réveiller.
« Pourtant, je n’avais même pas envie de fumer… »
C’est une phrase que l’on entend parfois après une reprise.
La personne raconte qu’elle allait bien depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Elle ne pensait pratiquement plus à la cigarette.
Puis arrive une soirée, un apéritif, la présence d’amis fumeurs ou une période particulièrement stressante.
Quelqu’un tend un paquet.
Et presque avant d’avoir réfléchi, elle prend une cigarette.
Après quelques bouffées vient parfois cette pensée :
« Mais pourquoi ai-je fait ça ? Je ne voulais même plus fumer ! »
Cette situation illustre bien la différence entre une décision consciente et une réponse devenue habituelle.
La personne n’avait pas nécessairement recommencé à vouloir être fumeuse.
Elle s’est retrouvée momentanément dans un contexte très fortement associé à son ancien comportement.
Cette distinction est importante, car elle change complètement la manière d’aborder l’arrêt.
Une envie n’est pas une décision
Ressentir une envie de cigarette ne signifie pas que l’on souhaite réellement recommencer à fumer.
Une envie est un phénomène passager.
Elle peut apparaître en réponse à un lieu, une personne, une émotion, une odeur, un café ou simplement un moment de la journée.
Le piège consiste parfois à interpréter cette envie comme une preuve que l’arrêt « ne fonctionne pas ».
Or ce n’est pas nécessairement le cas.
On peut avoir envie d’une cigarette tout en restant profondément décidé à ne plus être fumeur.
Et surtout, une envie n’est pas un ordre auquel il faudrait automatiquement obéir.
Lorsque l’on commence à observer ces moments plutôt qu’à les subir, quelque chose change : on peut progressivement apprendre à laisser passer l’envie sans accomplir l’ancien geste.
Des stratégies concrètes face à un déclencheur
Lorsqu’un déclencheur habituel se présente, il peut être utile de prévoir une réponse simple à l’avance :
- attendre quelques minutes en se rappelant que l’envie va diminuer ;
- boire un verre d’eau, mâcher un chewing-gum ou se brosser les dents ;
- changer de pièce, sortir marcher ou occuper ses mains ;
- respirer lentement pendant quelques instants ;
- envoyer un message à une personne qui connaît votre démarche ;
- modifier temporairement le rituel associé, par exemple prendre le café ailleurs ou faire une courte pause sans fumer.
L’objectif n’est pas de lutter indéfiniment, mais de créer un espace entre le déclencheur et le geste automatique. Chaque fois que l’on traverse ainsi une envie sans fumer, une nouvelle manière de réagir peut progressivement s’installer.
Se battre en permanence contre soi-même ?
Lorsqu’on imagine l’arrêt du tabac comme un combat permanent, on peut facilement finir par croire qu’il faudra résister toute sa vie.
Cette perspective est évidemment peu encourageante.
L’objectif n’est pourtant pas de passer les années suivantes à se répéter :
« Je veux fumer, mais je dois m’en empêcher. »
L’objectif est plutôt que la cigarette perde progressivement sa place et son importance.
Le café redevient simplement un café.
La fin du repas devient un moment agréable sans qu’il soit nécessaire de sortir fumer.
Une soirée entre amis reste une soirée entre amis, même lorsque quelqu’un à côté de vous allume une cigarette.
Petit à petit, de nouvelles manières de vivre ces situations peuvent remplacer les anciennes associations.
C’est très différent d’une lutte permanente contre soi-même.
Et lorsqu’une cigarette a été fumée ?
Une cigarette fumée après plusieurs jours ou plusieurs semaines d’arrêt mérite évidemment d’être prise au sérieux.
Mais elle ne signifie pas automatiquement que tout le travail réalisé auparavant a disparu.
Il peut être beaucoup plus utile de se poser quelques questions :
Dans quelle situation cela s’est-il produit ?
Qu’est-ce qui a déclenché cette envie ?
Était-ce une forte envie de nicotine ou plutôt une réaction à une situation particulière ?
Que pourrait-on prévoir si cette même situation se reproduit ?
Analyser une reprise de cette manière permet d’en faire une information utile plutôt qu’une simple preuve supposée d’échec.
C’est aussi pour cette raison que je préfère parler de reprise du tabac plutôt que d’enfermer immédiatement la personne dans l’idée qu’elle aurait tout raté.
Ce qui compte surtout est ce que l’on fait ensuite.
La volonté reste essentielle… mais elle gagne souvent à être aidée
Dire que la volonté seule suffit rarement ne signifie évidemment pas qu’elle ne sert à rien.
Bien au contraire.
La décision d’arrêter reste le point de départ.
Mais il est souvent plus efficace d’accompagner cette décision en travaillant également sur ce qui entretient encore le comportement : les habitudes, les situations déclenchantes, les automatismes et, lorsqu’elle est importante, la dépendance à la nicotine.
Certaines personnes parviennent à arrêter seules.
D’autres peuvent bénéficier d’un accompagnement comportemental ou tabacologique.
Dans certaines situations, les substituts nicotiniques ou d’autres traitements peuvent également apporter une aide précieuse et doivent être envisagés avec un professionnel de santé.
Il ne s’agit donc pas de démontrer que l’on possède suffisamment de volonté.
Il s’agit surtout de trouver les moyens qui rendent l’arrêt plus facile et plus durable.
Et l’hypnose dans tout cela ?
Dans mon approche de l’arrêt du tabac par hypnose, je m’intéresse précisément à ces situations particulières.
Avant la séance, nous prenons le temps d’identifier ce qui caractérise votre manière de fumer.
Car deux personnes qui fument le même nombre de cigarettes par jour peuvent avoir des fonctionnements très différents.
Pour l’une, le moment le plus difficile sera le réveil.
Pour une autre, ce sera le stress.
Pour une troisième, les cigarettes n’apparaîtront presque que lors des sorties entre amis.
Ce travail préalable permet de personnaliser la séance et de l’orienter vers les habitudes et les déclencheurs propres à la personne.
L’hypnose n’a pas pour objectif de remplacer votre décision.
Elle cherche plutôt à accompagner cette décision en travaillant autour des automatismes et des associations qui peuvent continuer à fonctionner alors même que, consciemment, vous avez déjà choisi de devenir non-fumeur.
C’est aussi pourquoi je considère l’entretien préparatoire comme une partie importante de l’accompagnement : comprendre comment vous fumez est souvent aussi intéressant que de savoir combien vous fumez.
Arrêter de fumer, ce n’est donc pas seulement « vouloir plus fort »
Si vous avez déjà essayé d’arrêter et que vous avez repris, la conclusion n’est pas nécessairement :
« Je manque de volonté. »
Une question beaucoup plus utile pourrait être :
« Qu’est-ce qui, à ce moment précis, m’a ramené vers la cigarette ? »
Cette question ouvre des possibilités.
Parce qu’un automatisme peut être identifié.
Une situation peut être préparée.
Une habitude peut évoluer.
Et une nouvelle manière de réagir peut progressivement devenir naturelle à son tour.
La volonté donne la direction.
Ensuite, il s’agit d’aider le reste à suivre.
Dans le prochain article…
Nous irons un peu plus loin en nous intéressant à une question qui découle directement de celle-ci :
Comment le cerveau fabrique-t-il une habitude ?
Nous verrons comment certains gestes deviennent progressivement automatiques, pourquoi un simple café, une émotion ou une soirée peuvent parfois réveiller une envie de cigarette, et surtout comment ces associations peuvent évoluer lorsqu’on arrête de fumer.
Dans les prochains articles…
Nous verrons notamment :
- comment le cerveau fabrique les habitudes ;
- pourquoi certaines rechutes surviennent plusieurs semaines après l’arrêt ;
- et comment il est possible de retrouver durablement sa liberté face au tabac.
Chaque étape vous permettra de mieux comprendre ce qui se passe dans votre cerveau… et surtout pourquoi il est tout à fait possible d’en sortir.